Un nouvel ouvrage pour le globe-trotter des boires

Photo Édition Druide

Paru au début mai, Le goût de la bière fermière est le fruit de sept années d’informations synthétisées au fil des voyages de l’auteur et conférencier Martin Thibault, auquel a également participé son fidèle collaborateur David Lévesque Gendron. Cette fois, il s’est invité dans des fermes de plusieurs régions du monde pour s’immiscer dans l’intimité de leurs terroirs brassicoles. 

Depuis 2012, le Coureur des Boires part deux fois par année à la découverte des plus vieilles traditions brassicoles. Au Bhoutan, en Finlande, en Afrique subsaharienne, dans les Andes, en Norvège, dans le nord de l’Éthiopie et en Lituanie par exemple, d’où est d’ailleurs tirée la photo publiée en page couverture de l’œuvre. S’il est tombé sur sa première souche de levure kveik en Norvège en 2014, son parcours l’a aussi mené en Éthiopie en janvier dernier, où la culture veut qu’on «ouvre son salon» aux gens du village et où certaines coutumes lui ont semblé étonnamment similaires à celles en Bolivie (2015) et au Pérou (2017). Car là aussi, les fermiers dressent un drapeau ou posent un verre vide sur un poteau devant la ferme pour indiquer aux villageois que la bière est enfin prête à être bue. À chaque voyage ses anecdotes!

L’été dernier, Martin s’envolait en Finlande à la découverte de la Sahti, cette bière traditionnelle composée de seigle, de branches de genévrier et de baies de genièvre. Il a posé les pieds dans une vingtaine de fermes dont un infime pourcentage commercialise ses bières. En tant qu’invité, il passe beaucoup de temps avec les hôtes et participe ainsi aux traditions. Comme la fois où il a goûté à son premier sauna… «Le propriétaire nous verse sa Sahti et nous invite à passer au sauna où il se met nu devant nous sans direun mot», explique-t-il en admettant avoir joué le jeu, sourire en coin, sachant qu’il s’agissait là d’une marque d’affection, voire un message de bienvenue. Parce que le culte du sauna abrite plusieurs rituels finnois; il n’y a pas si longtemps, les femmes y accouchaient et on y lavait encore les morts. Certaines traditions demeurent comme celle d’y faire sécher les céréales.

Le globe-trotter n’a pas fini de découvrir des bières fermières, car il existe autant de traditions que de territoires brassicoles. «C’est un puits sans fond quand on pense que les bières fermières n’étaient pas commercialisées avant la Première Guerre mondiale…» Il n’est donc pas exclu pour le passionné qui réfléchit déjà à ses deux prochaines destinations pour 2020 de publier un ouvrage subséquent et ainsi partager la poursuite de ses recherches. Dommage toutefois qu’il ait eu vent de l’ouverture éventuelle de trois nouvelles brasseries fermières au Québec alors que son livre était déjà en route pour les presses…