Cocktails prémixés : le virage du prêt à boire des producteurs québécois

Spiritueux

Photo Molson Coors Canada

De plus en plus de producteurs d’alcools québécois se tournent vers la fabrication de boissons prêtes à boire de type cocktail prémixé. D’après Linda Bouchard, agent d’information à la SAQ, cette catégorie a connu une croissance de 14 % par rapport à l’année précédente (+7,6 M$) pour des ventes totales de 62 M$ pour les produits du Québec. 

Le coup d’envoi est venu l’an passé avec le lancement du Romeo’s gin+tonic. «Notre ambition l’an dernier était de révolutionner la catégorie des prêts à boire en apportant une alternative raffinée et haut de gamme», déclare Stéphane Rochefort vice-président exécutif de Pur Vodka. Et avec des ventes six fois plus importantes que les prévisions initiales, c’est effectivement tout un succès! 

C’est donc plus de 900000 caisses de neuf litres de cocktails prémixés qui ont trouvé preneurs à la société d’État l’an passé. Et Pur n’est plus seul : «de plus en plus de joueurs québécois se lancent dans les prêts à boire suite à ce succès. Ainsi pour notre campagne estivale cette année, nous aurons cinq nouveaux produits québécois qui viennent s’ajouter au Romeo’s gin+tonic», indique Mme Bouchard. 

On parle ici du Roméo gin fizz, du Ginto Hibiscus de la Brasserie & Distillerie Oshlag, le Moscow Mule de Pur Vodka, la Vodka soda Citron Lime de la distillerie Noroi et le Seventh Heaven Gin & Tonic.

Pour Pur, le Gin Fizz et le Moscow Mule offrent un twist intéressant à des classiques : «Dans les deux cas, il s’agit de cocktails que nous avions déjà faits en événements», explique M. Rochefort. «On aimait beaucoup, à cause du profil du Romeo’s gin, y ajouter du jus de concombre frais. Avec les arômes naturels de citron, ça donne un résultat hyper frais et très fidèle à la version originale», raconte-t-il.

Au-delà des ventes qui explosent, M. Rochefort ne se doutait pas, en lançant cette gamme, que les festivals et organisateurs d’événements, les hôtels, les clubs de golf et les compagnies aériennes y verraient une opportunité en or. «Nos clients (ont fait) de nos produits des Instagram Stars. C’est juste fou! », s’exclame-t-il.

Un succès qui n’attire pas que les microdistillateurs

Les cidreries ont aussi répondu présentes. «Nos Milton Star sont nos cocktails prêts à boire qui s’adressent à une clientèle cible jeune», explique Stéphanie Arès, directrice marketing de la Cidrerie Milton. S’ajouteront cette année le Milton Star Mûre Sauvage et le Milton Star Cerise aux deux autres arrivés l’année dernière.

Et les géants de l’industrie ne laisseront pas la manne passer. Depuis 2015, c’est 26,4 M$ que le numéro un mondial des boissons alcoolisées, Diageo, a investis dans son usine de Valleyfield. De cela, on compte 6,4 M$ pour sa ligne de remplissage de canettes de boissons prête à boire. 

Molson annonce aussi le lancement de nouveaux produits de ce type : la gamme Bella Amari et Aquarelle. Les premiers sont des boissons alcoolisées, à l’orange sanguine ou au citron. «Les parfaits spritz de style italien», selon Jessica Teixeira, responsable des relations publiques de la marque.

Dans tous les cas, les nouveaux produits cherchent à se distancer des coolers préexistantes. On utilise que des saveurs naturelles et qu’un minimum de sucre. «Notre vodka soda citron-lime est un prêt-à-boire incroyable n’ayant seulement que 80 calories. Il ne contient aucun sucre ou édulcorant et ses arômes sont naturels. (…) Nous sommes conscients d’un virage santé et il est très important pour nous d’être à l’écoute du marché», explique, pour sa part, Marc-Olivier Pouliot, directeur marketing de la Distillerie Noroi.

Même son de cloche pour Molson dont la gamme Aquarelle est une combinaison artisanale de vodka pure distillée, d’eau pétillante et de saveurs légères de fruits naturels. «Même avec 100 calories par canette, 0 gramme de sucre et 0 glucide, elles offrent un goût à la hauteur de vos attentes», annonce d’ailleurs Mme Teixera.

«La mise en marché est définitivement différente», précise toutefois cette dernière, «spécifiquement en termes de positionnement.» Elle souligne, en somme, que si parfois, le consommateur du prêt-à-boire est le même que celui appréciant déjà les produits de la brasserie montréalaise, dans d’autres cas, ce sont plutôt des gens qui ne boivent pas de bière du tout.

«Ces innovations prêt-à-boire représentent une nouvelle opportunité et de nouvelles raisons d’expérimenter de nouvelles offres sur le marché. Nous sommes très stimulés par l’avenir de la catégorie prêt-à-boire»

JESSICA TEXEIRA