Puyjalon : une première distillerie en Minganie

Photo SAQ

La Côte-Nord a récemment vu s’implanter, à Havre-Saint-Pierre, une toute nouvelle entreprise : la Distillerie Puyjalon. Une première entreprise du genre à s’installer dans ce coin du pays.

Son nom lui vient du comte Henry de Puyjalon, trappeur, chasseur, auteur, et premier gardien de phare de la Minganie. Il a débuté sur l’Île-aux-Perroquets en 1888, avant de terminer ses jours et être enterré sur l’Île-à-la-Chasse, située juste en face du village disparu de Betchewan.

«Nous sommes la première et unique distillerie de la Côte-Nord. Nous travaillons avec des aromates locaux pour mettre en valeur notre belle région, et le design de nos produits reflète l’histoire moins connue du coin», explique Mario Noël, président et directeur des opérations de la Distillerie Puyjalon. Plus de 60 % des aromates de leur premier gin proviennent justement de Minganie.

L’histoire de la fondation de la distillerie n’est pas commune. En fait, le tout a débuté dans le but de combler un local commercial qui allait devenir vacant. «Quand mes partenaires m’ont approché pour les aider à la création d’une nouvelle entreprise, j’ai proposé l’idée et nous voilà», raconte M. Noël. Il est parti à l’aventure avec sa conjointe, Caroline Doyle, sa cousine et son conjoint, Fanny Desmeules et Dany Flowers.

Les deux couples ont utilisé un alambic de 120 litres afin de produire leur tout premier gin, le Betchwan. Celui-ci a déjà fait parler de lui à l’international, ayant remporté la médaille d’argent en mars au prestigieux San Francisco World Spirits Competition. Initialement mis en vente à la SAQ le 10 avril dernier, le premier arrivage s’est écoulé en quelques heures seulement. Un troisième a été livré à la fin mai. 

Cette forte demande a d’ailleurs fait en sorte qu’un nouvel alambic de 600 litres qui sera alimenté à la vapeur vient d’être livré. Un second produit est en cours d’élaboration, mais la distillerie se fait discrète. Les quatre comparses prévoient déjà faire l’acquisition d’équipements afin de pouvoir développer leur whisky et d’autres spiritueux qui seront mis en fûts. Et rapidement, ils devront aussi planifier prendre plus d’espace dans le bâtiment qu’ils occupent, l’aire de production actuelle n’étant que de 800 pi2.