Une distillerie campivallensienne élabore un gin au tournesol

De gauche à droite: Dominic Proulx, Mathieu Caron et Nicolas Bériault.
Photo Courtoisie de la distillerie

Une toute nouvelle entreprise a ouvert ses portes dans le Suroît : la Distillerie 3 Lacs, à ne pas confondre avec la Microbrasserie Trois-Lacs. Ceux-ci étant les lacs Saint-Louis, Saint-François et des Deux-Montagnes. « Il était important pour nous d’établir et d’ancrer notre distillerie à même notre terroir, soit la Montérégie-Ouest. Le nom est donc venu naturellement », explique Mathieu Caron, l’un des trois actionnaires avec Nicolas Bériault et Dominic Proulx, le maître distillateur du groupe. 

L’idée est née de leur passion pour la bière de microbrasserie, qui s’est complémentée au fil des années par l’amour des spiritueux. Ils appréciaient particulièrement partager un verre de gin ou de whisky entre amis, et c’est ainsi qu’un soir, ils ont décidé ensemble de passer des paroles aux gestes. «De fil en aiguille, le projet s’est concrétisé et voilà que deux ans et demi plus tard, nous sommes sur le point d’avoir notre premier produit sur les tablettes de la SAQ», s’exclame M. Caron.

C’est donc dans le secteur Grande-Île de la municipalité de Salaberry-de-Valleyfield que les trois amis ont installé leur alambic de 750 litres en cuivre et acier inoxydable comportant une colonne à quatre plateaux. «À noter que la tête est de style écossais pour refléter le profil aromatique désiré», tient à préciser Mathieu. À cela s’ajoutent des cuves de repos, une embouteilleuse semi-automatique ainsi qu’un système de filtration d’eau à osmose. 

Cet équipement leur a permis de concevoir le gin 3 Lacs, un spiritueux distinctif élaboré à partir de tournesol et d’écorces de citron biologiques frais. D’après eux, aucune autre distillerie au monde n’a recours au tournesol. Ils utilisent d’ailleurs à la fois la graine et le tourteau, ce résidu solide issu de l’extraction de l’huile. «Le tournesol apporte une rondeur et une onctuosité au gin, le tout avec des notes de noisettes», nous informe Mathieu Caron.

La mise en marché a commencé par des initiatives locales : «nous voulons bien établir le produit dans notre région pour lui faire profiter du fruit de ses terres et ensuite nous visons le reste du Québec», indique M. Caron. Les efforts sont donc doubles, car ils doivent à la fois commercialiser leur tout premier spiritueux et faire découvrir leur distillerie.