Biologiques, biodynamiques ou naturels… Qui sont ces vins?

Des raisins récemment vendangés attendent d'être pressés
Jour de vendanges au Vignoble biologique Saint-Gabriel, à Saint-Gabriel-de-Brandon, dans Lanaudière. Photo Geneviève Quessy

On parle de vins biologiques, parfois biodynamiques, et de plus en plus souvent de vins naturels. Mais qu’en est-il?

L’agriculture biologique exclut toute utilisation de produits chimiques de synthèse dans les champs, que ce soit pour amender le sol, ou pour contrôler les maladies et les ravageurs qui affecteraient les cultures. Des pratiques qui sont garanties par des contrôles effectués par des organismes délivrant des certifications comme celles d’Écocert ici, ou le label Agriculture biologique (AB), en France, entre autres.

Les producteurs qui pratiquent l’agriculture bio-dynamique se conforment aux pratiques d’agricultures biologiques, tout en suivant des préceptes élaborés par le penseur Rudolf Steiner au début du siècle dernier. Celui-ci avait élaboré un calendrier lunaire, établissant les meilleurs moments pour semer, amender, récolter. Diverses préparations à base de plantes, de fumier et d’organes animaux sont également appliquées sur le sol et les plantes, à la manière de remèdes homéopathiques. La certification Demeter y est associée.

Pour ce qui est des vins naturels, la définition définitive reste à faire, puisque les professionnels du milieu ne s’entendent pas, et qu’aucune certification, ni aucun cahier de charge relié n’existe encore. 

Une démarche controversée

Selon Sophie Mauriange, de  l’Institut national de l’origine et de la qualité (INAO), « l’emploi des termes “vin nature” ou “vin naturel” n’est pas possible actuellement sur l’étiquetage des produits, car non définis dans la réglementation européenne en tant que tels comme catégorie de produits ou mention traditionnelle protégée. Le terme “vin nature” n’est pas non plus défini dans la réglementation nationale. De plus, l’utilisation des termes “nature”, “naturel”, ou autres (“naturae”) associés au nom d’une AOC (“Beaujolais nature”) est également interdite, car laisse entendre à l’existence d’une appellation ainsi désignée qui serait distincte. » L’INAO prévoit toutefois mettre le sujet à l’ordre du jour d’un comité prochainement, affirme la porte-parole.

La volonté de l’Association des vins naturels, qui regroupe des vignerons d’Europe et d’ailleurs, est de parvenir à une définition qui désignerait des vins vinifiés et mis en bouteille sans intrant chimique ou additif, élaborés à partir de fermentations naturelles et spontanées des raisins et avec le moins d’intervention technologique possible. 

Mario Plante, du Vignoble le Négondos, à Mirabel, est l’un des rares au Québec à affirmer que ses vins, déjà certifiés bio, sont naturels. Pour lui, il y a une valeur ajoutée. « Le cahier de charge du bio concerne les pratiques de culture de la vigne. Quand on sort du champ, à l’étape de la transformation du raisin en vin, c’est là que le naturel embarque. Idéalement un vin nature serait seulement du raisin, avec les levures sauvages présentes naturellement, aucun ajout de sucre, ou de quelconque additif, aucune filtration. Alors que rien n’empêche un vigneron en bio d’ajouter du sucre ou des levures. »

En attendant que la certification et son cahier de charge soient établis, n’importe quel vigneron peut toutefois proclamer son vin comme étant naturel et personne n’ira dans son chai vérifier ses pratiques de vinification. 

Il faut donc se fier aux conseils de sommeliers qualifiés, ou d’importateurs connaissant bien les façons de travailler des vignerons qu’ils représentent. Depuis quelques années, de nombreux restaurants offrent des vins dits « naturels » sur leur carte. En espérant que cette certification verra le jour.