Palmarès de confitures

Des confitures et des croissants dans un panier sur une table à picnic
Des confitures artisanales toutes plus originales les unes que les autres. Photo Geneviève Quessy

Quand Simon Turcotte a commencé sa production de confitures artisanales, beaucoup de gens étaient étonnés de le voir s’identifier comme confiturier. « On me demandait si j’avais inventé le mot! » raconte-t-il. 

Vingt ans plus tard, ceux qui se revendiquent du métier sont plus nombreux. Vincent Paris de la Confiturerie Tigidou, rêve même de les rassembler. « Je voudrais fonder la guilde des confituriers », dit-il en nous faisant goûter ses petits délices sucrés dans sa chic confiturerie de l’Ile d’Orléans.

Heureusement, il est bien fini le temps où grand-maman était la seule à nous gâter avec ses petits fruits en pots. Les productions artisanales se multiplient, avec des gelées, confitures et cramaillottes toutes plus osées les unes que les autres.

« Mon objectif n’est pas de créer quelque chose d’exotique, mais bien de trouver des alliances de saveurs qui se subliment entre elles », explique Simon Turcotte en présentant sa confiture poire vanille et pamplemousse. Entre sa coquette gelée de rose et framboise sauvage et sa confiture de prune et thé noir, tout un monde de douceur se déploie, à apprécier autant sur une tranche de brie qu’un croissant chaud.

Au Domaine Steinbach, on a fait le même processus avec l’originale confiture tomate et vanille, toute en harmonie. « On était à la recherche d’un goût et c’est avec la vanille qu’on l’a trouvé », indique Amandine Steinbach.

Les fruits de la forêt sont à l’honneur du côté de Gourmet sauvage, où l’on redécouvre des saveurs oubliées. Confitures d’amélanchier, de prune sauvage et de bleuet; autant de souvenirs enfouis de petits matins ensoleillés chez grand-maman qui reviennent en une bouchée.

Des recettes adaptées aux fruits sauvages

Ariane Paré de chez Gourmet sauvage rit quand on lui demande si ses confitures sont faites à partir de recettes de grand-mère. « La recette, c’est la simplicité. On voulait que les goûts soient le plus près possible des fruits pour les faire redécouvrir aux gens. Pas trop de sucre bio, un peu de pectine et le fruit lui-même, il n’y a pas de secret dans ce qu’on fait. » 

Puisque les fruits sauvages ne sont pas uniformes, les récoltes doivent être travaillées individuellement. « Parfois on reçoit des fruits moins sucrés ou avec une pelure plus épaisse, il faut alors ajuster la quantité de pectine ou de sucre pour arriver à créer un produit un peu plus standard, même si ça reste de l’artisanal », poursuit-elle.

Autre petit fruit bien de chez nous et pourtant peu apprêté, la cerise de terre fait d’excellentes confitures. Les Zempotés l’ont bien compris, avec leur confiture aux cerises de terre et à l’érable. Si la fameuse ambroisie des légendes, dite « nourriture des dieux », pouvait se réincarner, elle choisirait certainement cette gelée dorée! 

Au royaume des petits pots sucrés, il y a aussi la cramaillotte, une gelée plutôt méconnue faite à partir d’infusion de fleurs, le plus souvent de pissenlit. « Mais pourquoi ne pas mettre d’autres fleurs en valeur », s’est demandé Vincent Paris, de Confiturerie Tigidou. « J’ai voulu rendre un hommage à la première fleur du printemps, pleine de vertus médicinales, en créant une cramaillote au tussilage. » 

Autre délice que des adeptes viennent chercher à coups de centaines de kilomètre, la Confiture de cassis, de Chez Cassis Mona et Filles. Ici, tous les péchés gourmands sont permis, même l’alcool au déjeuner! Quel divin plaisir de déguster sa crêpe arrosée de la fabuleuse Confiture framboise et Crème de cassis. Une gourmandise tout aussi chic au dessert, en coulis, sur une boule de crème glacée!