Une cidrerie à la rescousse des pommes sauvages

Cidre

Le logo de la cidrerie Pommes Perdues

La cidrerie Les Pommes perdues a sorti pour la Saint-Jean-Baptiste son premier cidre issue d’un assemblage de 44 variétés de pommes sauvages trouvées dans des vergers non exploités de la région de l’Outaouais.

«On n’a pas encore de verger, explique Gaston Picoulet, le propriétaire de la cidrerie qui a ouvert ses portes en automne. Alors on récolte les pommes disponibles sur les terrains sauvages, dans des champs abandonnés ou sur le bord des granges et des routes.»

L’idée lui est venue en observant ses beaux-parents, des fermiers, produire du cidre maison à base de pommes sauvages qui poussent sur leur terrain. «Je me suis rendu compte qu’il y a beaucoup de pommiers sauvages dans la région. Alors avant d’en cultiver, on va aller chercher ce qui existe déjà, raconte-t-il. D’où le nom de la cidrerie “Les Pommes perdues”, parce que ce sont des fruits non valorisés.»

Le cidriculteur a produit 650 litres de jus, soit 1300 bouteilles, à partir de pommes cueillies dans un périmètre d’environ 5000 kilomètres carrés s’étalant de Montebello jusqu’au Lac-Simon, et en utilisant la méthode de fabrication ancestrale française.

Des pommes à cidre québécoises

À long terme, Gaston Picoulet espère greffer une sélection de variétés sauvages pour cultiver ses propres vergers. L’objectif serait d’obtenir des pommes spécifiquement conçues pour le cidre, à la manière des cidreries européennes.

«On ne peut pas être plus terroir que ça, et c’est ça, la beauté de notre projet.»

Gaston Picoulet

Le français d’origine, arrivé au Québec en 2003, explique que contrairement au Québec, où le cidre est fabriqué à partir de pommes destinées à la consommation comestible, les vergers d’Espagne, de France et d’Angleterre produisent des pommes à cidre, donc pas mangeables. «Ce sont des pommes acides et tanniques, et des cidres qui sont faits d’assemblage. C’est ce qu’on essaye de faire», continue-t-il. 

Il développe actuellement une parcelle du terrain de ses beaux-parents, situé à Ripon, en Outaouais. Ils possèdent une cinquantaine de pommiers, dont la quinzaine de variétés est composée de pommes sauvages québécoises et de pommes à cidre françaises et anglaises. 

«On a commencé à greffer ces variétés pour monter des vergers de pures variétés sauvages. C’est notre projet à plus long terme, et notre grand souhait!», termine l’entrepreneur.