Deux micros d’ici invitées aux barils chez Jameson

Visite à la distillerie Jameson

Quelques membres de l’équipe de Dieu du Ciel! (DDC) dans les installations de Jameson, en Irlande, au printemps dernier. Dans l’ordre habituel : Eve Coleman (Jameson), Étienne Tremblay (DDC), Tommy Byrne (Jameson), Isabelle Charbonneau (DDC), Jean-François Gravel (DDC), Leïla Alexandre (DDC), Sisi O’Driscoll (Jameson) et, en avant-plan, Aoife O’Reilly (Jameson).
Photo Dieu du Ciel!

Grâce au projet de collaboration Caskmates lancé il y a quelques années par la célèbre distillerie de whisky irlandaise Jameson, les microbrasseries Dieu du Ciel! et Beau’s ont pu, dernièrement, laisser tremper un de leurs produits chouchou dans des fûts de whisky Jameson.  Les deux produits phares invités à plonger en barils, ont été La Strong Patrick et la Péché Mortel. Malheureusement, rien ne sert de courir… Car, autant les stocks de Ale rousse aux accents boisés vieillie en barriques de whisky irlandais que de Stout impérial au café affiné en fût de Jameson se sont volatilisés en peu de temps…

Irish Distillers, la maison-mère de la distillerie Jameson, a contacté la brasserie ontarienne Beau’s en soulignant leurs valeurs communes: celles de la famille, de la qualité et du savoir-faire. «On était très contents de travailler avec eux pour ainsi insuffler de l’authenticité à cette bière spéciale», partage Steve Beauchesne, en expliquant que cette Ale rousse brassée pour la première fois en 2012 à temps pour les célébrations de la Saint-Patrick, était rapidement devenue un produit saisonnier très apprécié des amateurs. «Ce fut vraiment intéressant pour nous d’explorer le monde du whisky et de découvrir comment l’affinage en baril affecte notre bière, ajoute celui qui s’est envolé pour l’Irlande à la fin novembre 2017 avec son maître brasseur, Matthew O’Hara. Nous avons pu créer une expérience irlandaise authentique pour nos fans grâce à ce partenariat que nous avons pu prolonger au-delà de la première année.» On a dit de la version 2019 de la Strong Patrick Jameson qu’elle avait des arômes conjuguant des notes de caramel, de whisky, de chêne et de malt.

« Les gens », répond Steve, quand on lui demande ce qu’il a préféré de son court séjour en Irlande.

«L’expérience de rencontrer les gens chez Jameson et visiter le pays, a créé un lien plus profond avec la bière que nous avons préparée dans une première version en 2018. Et au-delà de cela, le simple fait de partager cette création spéciale avec les amateurs et voir leur réaction est incroyablement gratifiant.»

Steve Beauchesne

Au tour de Dieu du Ciel! de recevoir son faire-part 

Dieu du Ciel! sert du whisky Jameson à son brouepub de Montréal depuis ses débuts en 1998. «On a suivi et vendu les premiers jets du projet Caskmates. Il nous apparaissait d’autant plus intéressant d’y participer comme on a développé une expertise avec le bourbon pour la Péché Mortel. On a aussi fait des versions avec des Scotch whisky de l’île d’Islay. D’ailleurs, mes premières expérimentations en fûts de chêne au début des années 2000 étaient avec des barriques de whisky canadien», raconte à son tour Jean-François Gravel.

«L’offre était vraiment intéressante d’un point de vue visibilité bien sûr. Avoir un contact direct avec la distillerie pour le fût de chêne et avoir une visite personnalisée pour apprendre sur la culture du whisky irlandais, on ne pouvait juste pas passer à côté de cela», exprime celui qui voyageait pour la première fois en Irlande, après être passé par l’Écosse et la Grande-Bretagne. Enchanté de visiter ce pays autant pour son eau-de-vie nationale que pour l’ensemble de sa culture et son folklore, le brasseur a pu goûter un peu aux subtilités des whiskys écossais, canadiens et américains et, par le fait même, découvrir les spécificités du whisky issue de l’Irlande. 

«On a été traités comme des rois», admet-il. L’évènement marquant des quelques jours passés à la distillerie fut pour lui d’échantillonner une barrique de whisky de 1991, rebarriqué en 2003, alors que la plupart des produits signés Jameson auraient moins de sept ans de maturité. «À 10 h le matin, je trouvais que c’était un peu tôt pour boire un whisky qui titrait 70 % d’alcool par volume. Finalement, c’était d’une douceur exceptionnelle avec un caractère un peu fruité et une touche délicatement épicée», se rappelle-t-il, en ajoutant que 1991 était également l’année où le cégépien de l’époque s’initiait au brassage maison. 

Il s’est avéré que la Péché Mortel Jameson sortie au début juillet – et liquidée en 48 heures seulement – était caractérisée par le caramel et goûtait légèrement épicé. Contrairement à la version en barriques de bourbon que l’on connaît, on était plus sur le chocolat que sur le café et la vanille. 

Bien que les stocks des Strong Patrick et des Péché Mortel Jameson 2019 soient désormais écoulés, restez aux aguets, car on nous promet d’autres sorties pour 2020!