Gabriel Paquet, Microbrasserie de Bellechasse

Heureux comme un poisson dans l’eau!

Curieux, passionné et créatif, Gabriel Paquet a passé par plusieurs chemins avant de démarrer son projet de Microbrasserie de Bellechasse. Sans trop de surprises, ce projet jouit des multiples expériences qu’il a acquises au fil du temps. Ainsi, bien entouré, il se consacre désormais à sa passion en harmonie avec les valeurs qui l’habitent. Sa communauté s’en réjouit.

Gabriel est originaire de Lévis où il a fait son secondaire, son cégep et cofondé sa première microbrasserie, le Corsaire. Jeune, il se passionne pour le monde animal; il se met même à élever des poissons dans des aquariums qu’il vend par la suite dans les animaleries du coin. Attiré par la chimie et la biologie, il y consacre ses études avant d’éventuellement entreprendre un stage en France chez Lallemand qui s’avère déterminant. C’est là-bas qu’il découvre les secrets de la fermentation.

Ce n’est que vers l’âge de 22 ans qu’il boit sa première bière. Il découvre alors des classiques disponibles en SAQ, notamment la Duvel, la Orval, la Chouffe et la Rochefort. Ce n’est que quelques années plus tard, lors de son retour d’un séjour au Danemark, qu’il se met à brasser avec ses frères alors qu’ils partagent un appartement.

La première bière que vous avez brassée?

Ma première recette maison a été une Scottish Ale tout grain et ça s’est bien passé, car je connaissais déjà la fermentation. À la brasserie, on a ouvert avec la Buckland, une double belge, la St-Malachie, une Schwarzbier et la St-Philemon, une Lager au miel. Dans les trois cas, on a fait des changements mineurs par la suite; la perfection n’existant pas.

La bière dont vous êtes le plus fier? 

Probablement la St-Charles, une Dunkel brassée avec du Floor Malted Bohemian Dark que j’avais commandé pour le tester. C’est le brasseur de la Brasserie du Bocq qui m’en avait parlé lors d’un voyage en Belgique. Le tout s’est avéré une belle bière caramélisée qui me plait beaucoup. J’aime beaucoup son profil et l’équilibre final, notamment avec le houblon Crystal des Jarrets Noirs. J’ai beaucoup travaillé sur la recette pour faire de petits ajustements; c’est plaisant puisqu’elle a remporté une médaille Grand or au Prix du public 2019.

Votre style de bière préféré? [À brasser et à boire]

[À boire] Je vais toujours essayer la Kölsch dans les brasseries que je visite; j’aime d’ailleurs particulièrement celle de la Micro des Beaux-Prés et celle de Moulin 7. C’est un style qui permet de bien déceler les défauts, ça démontre quand la fermentation est bien maîtrisée. C’est également un style que j’apprécie boire; je préfère l’aspect malté dans une bière.

[À brasser] Tout ce qui tourne autour des Lager pour bien faire ressortir le grain. Il y a aussi les bières vapeur pour le défi que la fermentation représente pour faire ressortir les saveurs souhaitées. Ça demande surtout la compréhension de ce qui se passe. J’en fais d’ailleurs aussi une version avec du sirop de sève qui est très intéressante.

Votre ingrédient préféré?

La fleur d’oranger, notamment pour les blanches, je trouve que ça donne un résultat très aérien qui me plait beaucoup. J’aime beaucoup être créatif dans le choix de mes ingrédients et opter pour ceux qui s’agencent en harmonie. Sinon, j’aime beaucoup les grains, dans des bières 100 % Pils notamment, mais qui donnent un résultat intéressant.

Une brasserie québécoise que vous appréciez particulièrement?

J’ai beaucoup d’affinités avec Isle de Garde, j’adore leur menu de bières, on y retrouve beaucoup de Lager et de bières allemandes. Leur Weizen est délicieuse! Je ne sors pas très souvent, mais j’adore aller là-bas.

Une bière québécoise que vous auriez aimé brasser?

La 7e jour de MicroBrasserie Charlevoix, dans sa bouteille bleue originale. Je me rappelle une explosion de saveurs, mais le tout vraiment en équilibre. Il y a aussi l’effet de rareté et le visuel impeccable qui contribue à ce souvenir, mais elle avait vraiment marqué l’imaginaire donc j’aurais aimé la brasser.

Ce que vous aimez de la bière au Québec…

J’aime la fraternité qui existe dans le milieu. Ce que je trouve intéressant, c’est l’idée que les régions existent aussi dans cette industrie; c’est une belle façon d’occuper le territoire de la province en ne s’attardant pas uniquement aux grands centres.

Ce que vous aimez moins de la bière au Québec…

On est rendu à l’adolescence, on voit un peu de tout dans le marché. Il y a des produits moins bons et il y a une certaine arrogance des fois qu’on commence à percevoir. J’ai hâte qu’on passe à l’âge adulte. J’apprécie les brasseries qui ont un fil conducteur. L’adolescence est un passage obligé…

Ce que nous réserve votre brasserie…

De la continuité. Je veux peut-être refaire certains produits, notamment une Sahti que j’aimais beaucoup. Je pense la sortir en bouteille pour les Fêtes, une version plus forte avec branches de cèdre et une levure de pain. À voir.