Les dossiers chauds de l’été

canettesvue du haut

L’été est derrière nous. La cuvée 2019 nous a offert, encore une fois, de très nombreux nouveaux produits, des nouveaux joueurs sur le marché et une culture bière de plus en plus ancrée dans les habitudes de consommation des amateurs. La saison estivale a également été le témoin de dossiers à surveiller. Rétrospective en trois dossiers.

Des ventes de bières à surveiller

La bière de microbrasserie semble profiter d’un engouement qui ne dérougit pas, mais le début de saison peu chaud a retardé les prévisions de ventes de nombreuses brasseries et le résultat global ne semble pas aussi positif qu’escompté. Voilà le bilan avec lequel plusieurs brasseries vont commencer leur saison la plus difficile de l’année, l’hiver. 

Certes, plus de 70 % des brasseries brassent moins de 100 000 litres de bières par année. Pas de quoi stresser sur les prévisions de vente; j’ai toujours considéré qu’en dessous de 3000 hectolitres par année, la vente de bières se faisait assez rondement. Mais les brasseries grandissent – et leurs capacités de production augmentent –, il est donc plus difficile de fidéliser le client, lui qui a adopté une philosophie de consommation à une catégorie plutôt qu’une marque. 

Ça joue serré sur les tablettes. Les grandes microbrasseries, qu’elles soient affiliées à un groupe international ou non, commencent à jouer – plus vigoureusement – du coude entre elles. L’espace tablette se fait rare, les ententes sont de plus en plus monnaie courante. Mention spéciale d’ailleurs pour Archibald qui a réussi à se positionner avec une stratégie commerciale agressive, mais à l’écoute du consommateur. Ses mix packs sont en top position chez de très nombreux détaillants. La stratégie de garder une équipe de vente indépendante et très au fait des tendances et du marché semble porter ses fruits. 

La saison hivernale sera donc à surveiller. D’abord pour le chiffre global des ventes (la bière artisanale évoluant encore dans un marché global en perdition), mais également pour les stratégies commerciales des brasseries et le changement d’attitude des détaillants. 

Les problèmes de la SAQ

Si vous êtes un amateur de bières importées, vous aurez remarqué que notre chère SAQ (Société des alcools du Québec) travaille fort pour développer son portefeuille de produits. Je lève donc mon verre au responsable des achats bières à la SAQ, il se reconnaitra. Travailler à vouloir fournir des produits du monde entier avec des contraintes aussi peu attrayantes pour les brasseries que les conditions d’achat de la SAQ frise le sacerdoce. 

Dans le monde de la bière à l’international, la réputation de la SAQ n’est pas forcément la meilleure : c’est un travail de longue haleine que d’arriver à faire réserver quelques palettes de bières – à la réputation bien établie – pour un marché difficile d’approche. Marché qui serait, de toutes manières, remplacé par un autre aux conditions plus attrayantes. Je lève donc un second verre aux agences d’importation qui travaillent d’arrache-pied en partenariat avec la SAQ. 

Après les fleurs, le pot! Les très nombreuses expériences décevantes, ces derniers mois, nous laissent croire qu’à la division site internet désuet et expérience d’achat en ligne frustrante, nous ne sommes pas pris au sérieux. La dernière tentative de vente de bières en ligne a été un fiasco. Pourtant, si on se fie aux nouveaux comptes SAQ créés dans le cadre de la vente des produits Boon et au volume des ventes, il serait bon de respecter un peu plus l’amateur de bières.

Attention aux canettes

La canette est un format de plus en plus populaire adopté par de très nombreuses brasseries et qui plaît aux consommateurs. Il est portable, léger, solide mais surtout capricieux! Son point de rupture étant plus bas que la bouteille, une sur-gazéification est signe de problématiques pouvant aller jusqu’à l’explosion de la canette dans un environnement à température ambiante. 

Est-ce un problème? Non si la brasserie contrôle son niveau de gazéification et s’assure que le produit est stable. Oui si la brasserie n’est pas en mesure de contrôler tous les paramètres et se retrouve avec des produits susceptibles de continuer à fermenter – à cause d’une levure ou d’une bactérie – et de créer une saturation dans la canette; saturation qui peut se conclure par une explosion.

De plus en plus de canettes sont distribuées sur le marché avec des problèmes de saturation pouvant se solder par une explosion du contenant. Il va y avoir un incident. En suivra une gestion de crise, et l’histoire nous a déjà démontré qu’en matière d’opinion publique et d’alcool, le Québec ne faisait pas forcément dans la retenue. 

Chers brasseurs, surveillez vos contenants, il s’agit d’une situation qui risque de nuire grandement à la qualité globale de vos produits et à l’ensemble du marché. Et si vous êtes confrontés à cette problématique, pensez à rappeler vos produits. Une bonne communication et prise en compte des problèmes est très souvent gage du sérieux de la brasserie.