Microbrasserie de Bellechasse

En symbiose avec sa région

Photos Seb

Sise au 2020 rue de l’Église à Buckland, la Micro de Bellechasse et son Pub de la Contrée est une coopérative de travail comprenant un peu moins de 10 membres travailleurs et plusieurs membres producteurs qui contribuent à faire rayonner la belle région de Bellechasse trop souvent sous-estimée. Plutôt discrète depuis ses débuts, la brasserie gagne elle aussi à être revisitée.

Avec ses berges au bord du fleuve, ses montagnes et parcs, ses fermes et entreprises agroalimentaires, Bellechasse a beaucoup à offrir tant aux passionnés de plein air qu’aux amoureux de la nature et aux gourmands. Heureusement pour ces derniers, le pub de la micro propose justement un menu des plus simples qui leur permet de découvrir ces richesses de la région. Les nombreuses Lager d’inspiration allemande y sont toujours aussi réussies; le retour de l’engouement pour les bières de fermentation basse pourrait bien lui profiter.

Initié par Gabriel Paquet et Annabelle Goupil, respectivement président et directrice générale de la coop, le projet de la micro s’inscrivait dès le départ dans une volonté de favoriser la revitalisation de la région tout en la mettant en valeur. Fondée en mars 2013, la Microbrasserie de Bellechasse a finalement ouvert quelques mois plus tard en novembre. Dès le départ, on y offre des bières maison principalement d’inspirations allemandes, notamment des Lager, ainsi que quelques-unes inspirées des styles belges. En cuisine, on mise sur les produits locaux – plus de 75 % proviennent de Bellechasse – et on forge de sains partenariats avec des entreprises de la région.

Le projet de micro permet aussi à Gabriel de consolider plusieurs de ses passions; les produits fins, la torréfaction du café, la bière et les levures, etc. Il mise ainsi sur ses expériences antérieures à l’épicier Aux p’tits oignons, ses formations en électronique industrielle, en chimie et biologie, ses stages chez Lallemand, un séjour au Danemark, ainsi que son passage au Corsaire de Lévis qu’il avait démarré avec Martin Vaillancourt.

Une évolution continue

Si initialement la micro écoule la majorité de sa bière à l’extérieur de la région, notamment à Québec et Lévis grâce entre autres à des ententes avec des bars influents tels Le Projet et le Pub Saint-Alexandre, les ventes en région et sur place augmentent rapidement.

«Au départ, les gens du coin ont été surpris par l’ambiance et la décoration. On est dans une ancienne caisse populaire – le coffre-fort et les vitres par balles en témoignent toujours –, et presque toute la déco provient de matériaux issus de deux vieilles granges du secteur et une ancienne maison. Ils ont rapidement compris qu’on était un pub et non un simple bar. À partir de là, les gens ont commencé à adopter l’endroit», se remémore Gabriel.

«Aujourd’hui, on compte beaucoup sur les gens de la place et des touristes de passages, aussi sur les propriétaires de chalet du coin et ceux qui fréquentent le Parc régional du Massif du Sud», poursuit le brasseur. Depuis environ quatre ans, la brasserie propose ses bières en bouteilles dans quelques commerces spécialisés.

Brasser sans compromis

La distance avec les grandes villes et le modèle d’affaires permettent aussi à la brasserie de prendre son temps pour faire les choses comme elle l’entend. Gabriel brasse les bières qui lui plaisent à l’abri des tendances et des impératifs de ventes. On retrouve ainsi très peu d’IPA et de bières sures, mais plutôt des Lager et des bières d’inspiration belge auxquelles on donne tout le temps nécessaire pour prendre forme. Les belges sont ainsi sorties en environ six semaines alors que les Lager en prennent huit. 

«Je brasse surtout des produits accessibles qui se boivent facilement, car c’est ce que j’aime boire.»

Gabriel Paquet

L’équipe remarque d’ailleurs un nombre grandissant de tripeux qui font le détour, notamment depuis que la micro a intégré le passeport Je bois local.

En août 2018, la brasserie a plus que triplé sa capacité de brassage et changé son distributeur pour l’extérieur de la région. Avec un système de brassage signé Dirty Pigeon et adapté sur mesure pour convenir aux besoins de Gabriel, la microbrasserie se fait  maintenant plus visible à l’extérieur de Bellechasse avec ses produits en bouteilles. Elle n’a toutefois pas l’intention de changer.

Bellechasse sous la dent

Le menu du pub aussi évolue continuellement alors que de nouveaux producteurs et fournisseurs du coin s’ajoutent aux membres producteurs de la coopérative. Boulangerie, fromagerie, charcuterie; la région possède de tout pour alimenter le menu et sustenter la clientèle. Puisqu’on mise avant tout sur le terroir, les aliments nécessitent peu de transformations au grand plaisir de tous. On vous invite d’ailleurs à y découvrir les ardoises, un assemblage d’ingrédients et produits maison et locaux qu’on compose soi-même!

La Microbrasserie de Bellechasse et son Pub de la Contrée illustrent bien le potentiel économique d’une brasserie en secteur rural et nous permettent de constater tous les bénéfices de ces entreprises qui choisissent de s’impliquer dans ces milieux pour mettre en valeur les merveilleuses créations issues de nos régions, principalement celles qui ne se rendent pas sur les tablettes de nos épiceries. Pour les plus gourmands d’entre nous, c’est une chance inégalée de découvrir des trésors agroalimentaires insoupçonnés et des styles de bières sous-représentés.