Les artisans distillateurs confrontés à la réalité d’un monopole

Selon Radio-canada, dans un article daté du 23 janvier 2020, une lettre de la Société des alcools du Nouveau-Brunswick a été envoyée aux artisans producteurs d’alcool de la province indiquant que les produits qui n’atteignent pas des objectifs de vente pourraient être retirés. Dans un contexte de libre marché, la démarche n’est pas étrange. Il est normal qu’un détaillant qui ne vend pas assez d’un produit décide de ne plus le vendre. Mais dans un contexte monopolistique qui oblige les artisans à vendre uniquement par ce réseau, la question souligne une problématique. Admettons qu’un produit ne se vend pas assez, il est donc retiré de la vente. Mais que peut faire l’artisan avec ce produit invendu ou retiré des tablettes de la Société des alcools du Nouveau-Brunswick? La réponse n’est pas connue à ce jour.

Au Québec, la Société des alcools du Québec a le monopole des spiritueux. La problématique ne se pose donc pas pour la bière. Mais qu’arriverait-il si elle décidait d’appliquer le même règlement et de ce fait, couper le circuit de distribution – obligatoire – de très nombreux alcools du Québec? Nul ne le sait. Le développement exponentiel des alcools du terroir et l’espace tablette disponible fait en sorte que la question se posera un jour. Et plus rapidement qu’autrement.

Le retour de la Lager

La Lager a mauvaise presse. Ou plutôt avait mauvaise presse. Fermentation préférée des grands groupes brassicoles depuis deux siècles, elle est souvent associée au style Pilsner qui a permis à de nombreuses brasseries internationales de créer un empire. Depuis plusieurs années, on voit le retour de cette bière dans une approche beaucoup plus artisanale. J’estime que l’amélioration des techniques de brassage chez les artisans, le matériel de plus en plus performant et les capacités de brassage – mais surtout de garde – ont permis le retour de la Pilsner auprès des microbrasseries.

La demande est de plus en plus forte. La Lager blonde est la réponse aux très nombreuses bières « gadgets » qui sortent en ce moment sur le marché et qui vous offrent une panoplie de saveurs allant du jus d’orange au smoothie. Il faut de tout pour faire un monde…
Mais la couleur « blonde » va doucement laisser de la place à d’autres couleurs liées à des styles historiques comme les Dunkel allemandes ou autres bières caramélisées, aux notes franches liées aux malts. L’année 2020 sera sous le signe du renouveau de cette fermentation autrefois associée aux grands brasseurs.

Le développement de la bière importée

Ce n’est pas la première fois que je le mentionne, mais la bière importée se porte très bien et son développement ne cesse d’augmenter. Lorsque je pose la question aux consommateurs qui achètent des bières importées, la réponse la plus souvent nommée est sans contredit celle du goût. Je ne parle pas du gout spécial de la bière importée, mais bel et bien du goût différent, mais surtout constant. Que vous achetiez une marque de bière en hiver ou en été, son goût est contrôlé, calibré et identique. Le consommateur recherche de la constance dans son envie de découverte, et les bières importées jouissent d’une réputation incroyable auprès des consommateurs québécois. C’est clairement le segment de bières en compétition directe avec les bières de microbrasseries.

Qualité – Microbrasserie

Qu’on se le dise, la qualité globale des bières de microbrasseries sur les tablettes de votre détaillant favori est légèrement en baisse. L’année qui se profile devant nous devra être celle d’une prise de conscience globale et d’une amélioration de la durée de vie des produits sur les tablettes. Il s’agit tout simplement de l’avenir de ce segment auprès des consommateurs!