Nul besoin d’ajouter des arômes artificiels pour obtenir un thé de qualité aux effluves et aux saveurs raffinées. Tout est question de terroir et de méthodes de culture et de transformation. Un importateur qui connait bien son producteur, voilà un gage de qualité.

Quand Han Le, propriétaire du Salon de Thé Oasis de Montréal, a choisi d’importer ses thés de marque Guru des jardins de Yame, au Japon, il ne l’a pas fait au hasard. « La ville de Yame est sur l’ile de Kyushu, éloignée de 1 000 km de la fuite nucléaire de Fuku­shima. L’endroit est en sens opposé des courants marins et des vents, donc à l’abri de la pollution.»

En plus du savoir-faire millénaire de ses producteurs de thé, l’ile du Kyushu est réputée pour la richesse de son terroir. « Il existe sur l’ile neuf provin­ces réputées pour leurs thés, chacune d’entre elles étant connue pour les notes spécifiques qu’elle donne au thé. Parfois, on va même trouver des goûts différents selon que le thé pousse sur un ou l’autre versant d’une colline », explique monsieur Le.

Une même plante pour plusieurs résultats

Thé blanc, vert, rouge ou noir, tous les thés proviennent des feuilles du théier, Camillia sinensis, dont il existe trois variétés et quelques centaines d’hy­brides. Ce sont les différences de terroir, de culture et le traitement suivant la récolte qui donnent aux différentes sortes de thés leurs spécificités.

Feuilles cueillies au printemps ou à l’automne, sur des théiers jeunes ou vieux, de différents cultivars et selon la terre, sa nature et la quantité de minéraux qu’elle contient, donnent des thés variés, plus ou moins tanniques, au goût vert, malté, amer, citron­né ou crémeux. Les nuances de goût du thé se décri­vent un peu comme celles du vin et d’autres alcools. On parle de goût corsé, fruité, de nuances boisées, épicées, vanillées.

Selon Han Le, les thés haut de gamme provien­nent de terres riches et sont produits par des producteurs au savoir-faire ancestrale, tandis que les thés aromatisés sont le plus souvent issus de feuilles de moins bonne qualité, produites de façon industrielle et sur des terres moins idéales. « C’est le cas de la plu­part des thés qui proviennent du Sri Lanka ou du Vietnam, par exemple. C’est ce que les grossistes achè­tent à bas prix pour faire des mélanges, qu’ils aro­matisent par la suite. »

Yerba maté : même combat

La jeune entreprise Mateina, de Saint-Jérôme, a fait la même démarche en explorant l’Amérique du Sud à la recherche de producteurs de yerba maté pratiquant une culture écoresponsable.

Nicolas Beaupré, fondateur, cherchait des producteurs qui allaient respecter l’environnement. « La famille d’Argentine avec qui on a choisi de faire affaires cultive le maté dans son milieu naturel, dans les collines de la forêt tropicale humide. C’est très différent de la culture industrielle qu’on trouve ailleurs, dans d’immenses champs plombés de soleil, où les producteurs reproduisent l’ombre de la forêt par des toiles. La plante est plus en santé et plus riche en nutriments en vivant dans son milieu naturel. La terre d’un champs et la terre d’une forêt mixte, ce n’est pas la même chose. »

Les amateurs de maté lui font régulièrement des commentaires positifs sur la qualité de son produit. « On est loin du maté industriel brésilien ou des mélanges aromatisés des grosses compagnies. Notre maté est naturel, sans arômes artificiels. »

Sans compter qu’il est exempt de toutes pestici­des et d’engrais, des substances utilisées parfois massivement dans des pays aux normes sanitaires différentes des nôtres.

Pour le maté, tout comme pour le thé, le savoir-­faire a son importance, autant au niveau des métho­des de culture que de la transformation. « La famille qui produit notre maté a développé un procédé de séchage sans fumée. Ça préserve mieux la qualité du produit, et c’est mieux pour la santé », mentionne également Nicolas Beaupré.