Premier détaillant spécialisé à ouvrir dans le quartier Pointe-Saint-Charles à Mont­réal à la fin novembre, la Boutique Cheers dévoilait à pareille date sa boutique en ligne qui se révèle déjà comme étant un concept unique.

En mettant sur pied la boutique, en plus d’offrir la vente en ligne avec disponibilité des stocks en temps réel, le service de livraison à domicile ou la cueillette en magasin, les associés Catherine Roux, Nancy Esperenza et Mathieu Johnson voulaient faire le pont entre les microbrasseries et les consommateurs. Cette fois, en personne, sur le terrain.

Après à peine un mois d’affaires, les copropriétaires qui se divisent l’horaire de travail en trois, connaissent le nom d’une dizaine de clients qu’ils considèrent déjà comme des « réguliers », partage Nancy, que nous avons rencontrée sur place avec Catherine. « On voulait avoir un rôle clef dans l’industrie sans brasser ou devenir une micro », ajoute, pour sa part, Catherine, qui s’est rapproché du milieu brassicole québécois quelques années plus tôt avant de lancer l’application Passeport en Fût. Nancy, elle, avoue qu’elle s’est mise à aimer la bière d’abord grâce à son chum. « C’est lui qui m’a ouvert la voie. C’est une construction sociale, je sais, mais aujourd’hui c’est clairement moi qui lui en apprends le plus! »

Catherine et Nancy se sont con­nues dans le cadre de Passeport en Fût. Tandis que la première propulsait l’initiative en 2015, la deuxième s’y est jointe deux ans plus tard, une fois le concept numérisé. Les fem­mes d’affaires ont aussi fait la rencontre de Mathieu Johnson à la mê­me époque, avec qui elles racon­tent avoir eu un coup de foudre professionnel. Les jeunes entrepreneurs pensaient au départ s’installer dans Griffintown, mais ils sont tombés en amour avec leur local, et le café des voisins…

Le Passeport en amont

Passeport en Fût aura été un véritable tremplin pour l’industrie, un déclencheur à road trips aussi pour plusieurs, admet Catherine. « L’initiative nous a permis de rencontrer plusieurs micros et créer des liens. Résultat : ça nous donne une longueur d’avance pour travailler nos exclusivités chez Cheers! » Parlant d’exclusivités, ils en tiennent déjà trois en boutiques – et en ligne, bien entendu : une IPL semi-sûre à la clémentine brassée par Maltstrom, une Pale Ale à la levure kveik en collabo avec Boswell et une nano IPA brassée par Ras l’Bock. Un conseil : à vos claviers si vous voulez avoir la chance d’y goûter!

Un créneau de l’entreprise qu’ils ont aussi envie de pousser, c’est le développement de séances de dégustation personnalisées. « Plutôt que d’interpeller des experts, on a envie de faire ça nous-mêmes de manière informelle et dans un langage accessible. Je ne voudrais pas vous parler de levu­res, de grains ou d’histoire si ça ne vous intéresse pas. Par exemple, une personne pourrait nous dire : “j’aime les IPA, mais je ne comprends pas ce que c’est…” Et bien, on va préparer une sélection en fonction de ses désirs et venir à sa rencontre pour déguster autour d’une discussion  sur les IPA », illustre Catherine.

Pour l’anecdote, en regardant Catherine déposer une caisse de Catnip, cette bière houblonnée brassée par Noctem avec la face d’un chat aux aguets sur fond psychédélique rose ap­posée sur la canette, Nancy raconte que sa sœur prenait les images de cocottes de houblon pour des artichauts ! « C’est fascinant comme les gens achè­tent des canettes et non pas de la bière, ajoute Catherine. Un client va rentrer dans la boutique et dire par exemple : “ah oui, on aime ça la bière avec le chat, on va en prendre quelques-unes !” » Cette caisse de Catnip d’ailleurs, avec d’autres bières choisies méticuleusement, Catherine ira la livrer dans l’heure au responsable du club social d’une entreprise de Griffintown qui avait commandé pour 700 $ de bières à déguster entre collègues. Voilà qui commence plutôt bien pour le volet « dégustations »!

Pour tout savoir sur la commande en ligne et le service de cueillette/livraison, visitez le très convivial : boutiquecheers.com.

Livraison à domicile : ce que dit la loi

Pour les besoins de la cause, nous sommes allés valider l’information avec l’avocate et porte-parole de la Régie des alcools, des courses et de jeux (RACJ), Joyce Tremblay. Résumé de la discussion : un détaillant spécialisé détenteur d’un permis d’épicerie, qu’il offre le service de vente de bière en ligne et/ou sur place, peut livrer lui-même de la bière à des particuliers ou par le biais d’un de ses employés, mais pas par un tiers. À condition aussi que ce service de livraison soit offert localement sur le territoire dudit détaillant.